Origine et histoire de la Basilique Notre-Dame-de-la-Daurade
La basilique Notre-Dame-de-la-Daurade, située sur les quais de la Garonne à Toulouse, remplace un sanctuaire paléochrétien du Ve siècle. Bâtie sur les vestiges d’un temple romain dodécagonal dédié à Apollon, elle fut christianisée vers 450 et dédiée à la Vierge Marie. Son nom Daurade (de Deaurata, « dorée ») provient des mosaïques à fond d’or qui ornaient son abside, mentionnées dès le VIe siècle. Au IXe siècle, elle devint un monastère bénédictin, puis un prieuré clunisien rattaché à Moissac en 1077. La nef romane, ajoutée au XIe siècle, conservait trois côtés du temple antique.
L’église médiévale, menacée par l’effondrement de sa coupole en 1703, fut démolie en 1761 après des travaux malencontreux. La reconstruction débuta en 1764 selon des plans inspirés de la basilique Saint-Pierre de Rome, mais fut interrompue pour l’aménagement des quais. Reprise sous Napoléon, elle fut consacrée en 1836 et érigée en basilique mineure par Pie IX en 1876. Les travaux s’achevèrent en 1883, avec l’ajout d’une colonnade et d’un fronton en 1884. L’intérieur, orné de peintures de Bernard Bénézet, abrite les restes du poète toulousain Pierre Goudouli.
La basilique est célèbre pour sa Vierge noire, objet d’un culte marial depuis le Xe siècle, particulièrement dédié aux femmes enceintes. La statue actuelle, troisième version après des destructions (vol au XIVe siècle, brûlée en 1799), fut sculptée en 1807. Ses vêtements, renouvelés par des maisons de haute couture, et ses couronnes (classées) en font un symbole de dévotion. Les cloches, restaurées en 2018, sonnent pour la première fois depuis 70 ans, avec trois nouvelles cloches fondues lors des Journées du patrimoine.
Classée Monument Historique en 1963, la basilique a subi une restauration majeure (2017–2019) pour 5,7 millions d’euros, incluant la consolidation du clocheton et la rénovation des décors intérieurs. Elle abrite aussi un orgue classé et des tableaux du XIXe siècle, comme le cycle de la Vierge par Joseph Roques. Chaque 3 mai, une messe bénit les trophées des Jeux floraux, perpétuant une tradition littéraire toulousaine.
Les fouilles ont révélé des vestiges archéologiques du VIe siècle, dont une rotonde paléochrétienne où se réfugia Rigonde, fille de Chilpéric, en 584. Le prieuré, seigneur des moulins de la Daurade jusqu’au XIVe siècle, joua un rôle économique majeur avant leur déclin. Aujourd’hui, la basilique, ouverte quotidiennement, allie patrimoine religieux, artistique et historique, témoignant de 15 siècles de dévotion mariale et d’architecture toulousaine.